Portrait de Valérie dans Les Echos

Notre cheffe de meute est mise à l’honneur dans Les Echos ce 7/09/2022

Les Echos portrait Valérie Maumon

Après un début de carrière dans l’événementiel, Valérie Maumon s’est convertie à la course de chiens de traîneaux, devenant entrepreneure en créant la marque de compléments alimentaires pour chiens Element.vet. Par Henri de Lestapis

Valérie Maumon attend les premiers flocons d’hiver comme d’autres les bourgeons de printemps. Ils annoncent le retour d’une activité passionnelle : la course de chiens de traîneaux. Lorsqu’elle traverse les forêts engourdies et glisse sur les étendues blanches rabotées par les vents, cette entrepreneuse partage avec sa meute de huskys des moments de complicité que seuls les pratiquants de cette discipline d’Inuit peuvent comprendre.

Car Valérie Maumon est mordue de l’univers canin. Pour financer son activité de pilote d’attelage, ou « musher », elle a créé en 2016 l’entreprise Element.vet, spécialisée dans les compléments alimentaires pour chiens. De fait, la croquette standard n’est pas suffisante pour le toutou olympique qui brûle des calories au rythme d’une chaudière à mazout. « Ne croyez pas que ces compléments sont faits avec n’importe quoi », précise la dirigeante de 51 ans, qui a longtemps peiné avant de dénicher le bon partenaire industriel pour lancer sa gamme. « Les normes sont aussi pointilleuses que pour l’alimentation de bébés. »

Distribués en ligne et chez les vétérinaires, au rythme de 40 % de croissance annuelle, les compléments Element.vet ont conquis l’Europe. Même si Valérie Maumon reste discrète sur son chiffre d’affaires. Et depuis quelques jours, exit les emballages plastiques ! L’entreprise fête sa conversion aux paquets minimalistes, en fibre de bois et de canne à sucre, recyclables et 100 % biodégradables.

Valérie Maumon vise le Maghreb puis les Etats-Unis. « C’est un marché de niche », déclare-t-elle sans jeu de mots. « Mais il y a une demande. Cela exige d’être écoresponsable sur toute la chaîne de production », raconte cette patronne, experte des chiens.

Sollicitée sur son compte Instagram @valerie_maumon où s’accumulent des photos de courses épiques (elle en réalise six par an), elle répond tous les jours à des demandes de conseils sur les mille et une façons de dresser un chien.

Née près des montagnes grenobloises, elle a élevé son premier chien à huit ans. « Un setter irlandais perdu dans la montagne, qui est venu vers moi et ne m’a plus lâchée, se rappelle-t-elle avec un brin d’émotion. Quand mes amies jouaient à la poupée, je jouais au vétérinaire avec mon chien. » De quoi développer sa sensibilité au bien-être animal. « Mais je n’étais pas douée en maths : je n’ai pas tenté vétérinaire », confie-t-elle. Elle a suivi des études économiques à Grenoble avant d’embrayer sur différents emplois à Chamonix, notamment dans l’organisation d’événements sportifs. Valérie Maumon a

fondé une famille, dont les chiens ont toujours fait partie. Ses enfants ont appris à marcher en s’accrochant à leurs poils. Après avoir tristement enterré son fidèle golden retriever, elle s’est amourachée d’un husky. Elle lui a vite trouvé un compagnon de jeu et, curieuse de les ramener vers leur élément naturel, leur a fait tirer un traîneau sur la neige. « J’ai eu un déclic. C’était ce que je voulais faire ! » dit-elle. Elle a quitté son job, a appris celui de musher et s’est inscrite à des courses officielles. Elle a renforcé sa condition physique, traversé des tempêtes, s’est endurcie au froid. « Valérie est très forte, physiquement et moralement, confie Stéphanie Gino, son handler (le bras droit du musher). Elle est aussi obstinée, voire directive et têtue. Mais pas obtuse ! »

De deux huskys, le chenil de la sportive est passé à douze. Aujourd’hui, cette troupe de fourrures vit à la maison, entre son mari photographe qui la suit sur ses courses et trois grands enfants qui n’envisagent pas une vie sans aboiements alentour. Aux aurores, Valérie Maumon soigne et entraîne ses chiens. Ensuite, elle se consacre à son entreprise de trois personnes, qui devrait bientôt accueillir sa fille aînée de 26 ans. Sa vie confortable de salariée lui paraît bien loin. L’appel de la meute a définitivement pris le dessus. “

 

 

 

 

 

 

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